Une vraie initiation SCR/CCR

Bonjour,

Après avoir fait plusieurs essais dans la piscine au Salon de la Plongée (soit un mètre d’eau), mi-février, j’ai sauté le pas avec Christophe de TeamTek.

Mise en bouche…

Au programme, initiation recycleurs semi-fermé et fermé de chez Submatix à la fosse de Conflans Sainte-Honorine.

J’ai eu la chance d’être seul ce jour-là, les deux personnes qui devaient m’accompagner étaient alors malades.

Ça a commencé avec environ 45 minutes de théorie, rien de bien complexe mais pour qu’on sache pour quoi nous sommes présents, les différences entre les deux machines,…

Pour vous, si vous souhaitez un petit rappel sur les recycleurs : j’avais rédigé un article sur le sujet.

Ensuite, direction la fosse (bien plus petite que celle de Villeneuve-la-Garenne, le centre aquatique est bien mais la fosse, peut mieux faire).

Chez Submatix, les deux machines (Semi-fermée SCR et fermée CCR) sont d’aspect très proche.

Petite explication pratique sur le matériel…
Bon, un ordinateur, des LEDs pour m’indiquer si il y a du danger, une commande pour rajouter de l’oxygène si besoin (uniquement CCR),… rien de bien compliqué a priori…

Le semi-fermé, le faiseur d’hamster

Commençons avec le SCR….
Le principe est relativement simple (raison pour laquelle ce système est accessible dès les premiers niveaux de plongée) :

Deux bouteilles d’un même mélange dans le dos (Nitrox) et le gaz est injecté régulièrement dans la boucle.

Allez, faut y aller…

On met la tête sous l’eau et tout de suite, on ressent les premières impressions…
Pas de poumon-ballast, pas de grandes inspirations suivies de petites apnées, il faut respirer normalement et, si vous souhaitez descendre, vidage du gilet stabilisateur.

Bon, ok…

Arrivée au fond…

Avec le gaz qui est injecté régulièrement, il faut de temps en temps évacuer notre gaz par le nez car, sans cela, il y a trop de gaz dans les poumons (et on se retrouve avec les joues de hamster…)

Allez, hop ! Jouons un peu… pas de problème de stabilisation, une fois qu’on est bien équilibré, nous n’avons aucun souci, position propre, pas de variation de niveau en fonction de notre respiration.
Bon, level 1 cleared

Passons au niveau 2… tête en bas, tête en haut, sur le ventre, impeccable ! aucun problème !

Sur le dos ? Là, moins agréable mais personnellement, je n’aime pas cette position…
À l’époque où je passais le Trimix, le formateur passait les paliers sur le dos, accroché au parachute… Il était bien… mais je préférais personnellement la position ventrale.

Tiens ? C’est quoi ce bruit bizarre que j’entends ? Mais bien sûr ! C’est le bruit des bulles… du plongeur qui passe à côté… Avant qu’il n’arrive, je n’avais pas fait attention mais, en effet, grand silence et c’est très agréable.
On s’imagine très bien arriver derrière les poissons et leur faire “BOUH !” pour les effrayer parce qu’ils nous auront pas entendus approcher…

Bon, c’est bien gentil tout ça mais j’ai un recycleur CCR à tester maintenant…

Remontée… Et là, par contre, ce fut le calvaire… Joues de hamster à la limite de la douleur, sensation désagréable,… Quel soulagement de sortir la tête de l’eau…

Après discussion, Christophe m’avait bien dit de souffler par le nez lors de la remontée mais je ne pensais pas que cela serait pratiquement en continu…

Le circuit fermé, les sens en alerte

Passage en CCR et là ça devient plus intéressant sur bien des aspects…

Alors qu’on n’a en SCR qu’un seul mélange, qui sera le même quelle que soit la profondeur, en CCR, nous avons un diluant (de l’air, du trimix,… suivant les formations et besoin) et de l’oxygène.

La machine (ou l’homme, j’y reviens plus tard) injectera quand besoin de l’oxygène pour optimiser le mélange qu’on respire en adaptant la pression partielle d’oxygène…

Alors qu’en SCR nous ne pouvons descendre en dessous de 40 mètres (limitation Nitrox), nous pouvons descendre jusque 80/100m avec du Trimix en CCR…

Pour plonger en CCR, il faut comprendre les notions de Pressions partielles et, en France il est obligatoire de plonger avec une bouteille de secours (bail out) : il est obligatoire d’être niveau 3 (ou équivalent) et plongeur Nitrox Confirmé (c’est lors du Nitrox Confirmé que nous apprenons à maîtriser une bouteille supplémentaire)

Là, quelles sont les différences ?
- Un HUD : afficheur LED qui nous indique si nous sommes toujours en sécurité concernant le taux d’oxygène dans le gaz ; si c’est rouge, ça craint
- Un ordinateur de plongée spécifique aux recycleurs CCR (le mélange “change” en continu en cours de plongée, c’est totalement différent des besoins pour les ordinateurs classiques)
- une valve permettant, grâce à un bouton, d’injecter manuellement de l’oxygène ; c’est à l’homme de surveiller cette information (il existe des recycleurs électroniques qui gèrent cela tout seul, le submatix peut également avoir cette fonctionnalité en option).


Allez, on y retourne…

Déjà, première différence avec le SCR, le gaz n’est injecté que si besoin, en discontinu. Donc, pas de risque d’avoir les joues de hamster (sauf dans des cas précis). La différence de confort est très appréciable…
Il faut aussi surveiller régulièrement ses instruments pour ne pas se mettre en danger

Au fond, on fait les mêmes essais de position et même remarques…
Tiens… j’entends un bruit par moments…
Ok, j’ai compris… quand la pression partielle d’oxygène augmente trop, la machine, ajoute automatiquement du diluant pour la diminuer…

Christophe me fait signe de souffler par le nez… Soit…
La PpO2 diminue à vue d’oeil que je souffle…
On va remonter cela… Le bouton de la valve O2 est là dans ce but…

Par contre, si on reste trop appuyé sur le bouton, la PpO2 atteint, puis dépasse, les 1,6bars… sur l’ordinateur, une tête de mort apparaît… Gloups, faut que je fasse plus attention, moi…

Tiens, je commence à monter, à force de faire mes acrobaties…
Pas de souci, c’est un problème rencontré régulièrement en plongée, on souffle et hop on descend !
Euh… et ben non, pas en recycleur !
Et là, faut avoir rapidement le réflexe de gérer le gilet stabilisateur parce qu’on commence à prendre de la vitesse…

Bon, cela fait partie des quelques difficultés à apprendre à gérer, ce n’est pas la mer à boire…

Remontée… Il faut aussi souffler par le nez mais moins qu’avec le SCR… Que c’est agréable…

Autonomie théorique du tout : 3 à 4 heures…

Et après…

Malheureusement, le prix du matériel est exorbitant, à voir pour les locations,…

Autre souci : une formation est spécifique à une machine ; vous voulez en changer (au moins de marque) ? Il faut se reformer
Et pour plonger avec en structure (club,…), il faut que le recycleur soit homologué CE et que le directeur de plongée soit formé aux mélanges pour que vous soyez autorisé à plonger avec le matériel…

Il n’y a pas énormément de recycleurs homologués CE, Submatix en fait partie.
Sur certains forums spécialisés, il est décrié mais en lisant plus en détail, les critiques concernent une version précédente qui a beaucoup évolué (et la toute dernière version encore plus) et elles sont faites par des plongeurs relativement profonds avec des configurations particulières, ce qui ne sera pas mon cas…

Et maintenant ? Comment ça ? Vous n’avez pas deviné ? Mais je veux être formé ! Entre l’autonomie et l’aspect technique, ça me plait, je veux en savoir plus !

Et puis… Submatix, c’est sexy…

Donc, rendez-vous en juin pour une formation complète !



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