Où suis-je ?

Certaines personnes se perdent en ville ; pourtant, elles sont équipées d’un plan et les rues (avec des noms) sont clairement indiquées.
Alors, comment des fous osent-ils essayer de s’orienter sous l’eau ? ?
Là, dans la plupart des cas, vous pouvez aller dans toutes les directions, pas de pâté de maisons pour vous imposer des directions, pas de noms de pierre. Et, en plus, il faut prendre en compte la composante verticale…

Avant de stresser à l’idée de vous perdre, sachez qu’il existe des plongées vous évitant de gérer l’orientation.

Toutes les informations dans cet article sont là à titre indicatif. Elles ne peuvent en aucun cas remplacer une formation adéquate ni même le briefing spécifique à la plongée.

Les plongées sans orientation

Alors, quelles sont les plongées qui vous facilitent la vie ?

Les dérivantes

Comment ça se passe ?
Le bateau vous largue sur site.
Dans certains cas, le largage doit se faire à un endroit précis ; quand le directeur de plongée/pilote vous donne le feu vert, sautez à l’eau !
Si le bateau est équipé, il y aura un bout (une corde, en d’autres termes) qui vous permettra d’attendre vos coéquipiers dans l’eau.
Une fois que vous vous êtes tous retrouvés, vous pouvez descendre. Là, vous vous laissez porter par le courant, en restant éventuellement proche du tombant.
Même pas besoin de palmer, le courant (si il est assez fort) s’occupe de tout.

ATTENTION : dans ce genre de plongées, il faut toujours surveiller sa consommation d’air et la profondeur car vous pouvez très rapidement vous faire surprendre.

Quand il est l’heure de sortir, ne cherchez pas le bateau : sortez votre parachute (matériel de sécurité obligatoire) et attendez qu’on vienne vous récupérer…

Les plongées sur épave

Les épaves sont aussi des spots limitant les besoins d’orientation dans pas mal de cas.
Souvent, vous vous retrouverez dans une configuration de plongée dérivante.
Il peut arriver qu’une bouée soit accrochée à l’épave. Cela peut vous aider à la descente vers l’épave puis la remontée ; tout ce que vous avez à faire, c’est retenir où est attachée la bouée (en vous aidant de la profondeur). Certes, retrouver le point d’attache est comme s’orienter mais, sur une épave, c’est largement plus simple que lors d’une plongée classique.

Mais même si une bouée est présente, n’oubliez pas votre parachute !
En effet, le courant peut être tellement fort que tenir la corde de la bouée risque d’être difficile, de vous demander des efforts supplémentaires.
Si il y a beaucoup de plongeurs, tous attachés à la corde à différentes profondeurs, ceux qui sont le plus haut ont le droit à un jaccuzi géant. Il n’y a rien de plus désagréable.
Dans ces conditions, n’hésitez pas à vous détacher de la bouée et à déplier le parachute.

Voilà, nous avons ici les plongées intellectuellement les plus faciles (pour retrouver le bateau, bien sûr).
Maintenant, passons au coeur du sujet : les plongées où vous devez retrouver le bateau.

Avec orientation

Tout d’abord, commençons par la version pour fainéant, encore pire que l’utilisation d’un parachute.

Un GPS sous-marin

Nous avons par exemple le Naiad de Thales.
Les systèmes de ce style les plus “basiques” indiquent grâce à un système de LED la distance à parcourir.
Les plus évolués vous indiquent la direction, la distance,…
Je n’ai personnellement pas testé mais j’ai un doute sur l’utilité : le plongeur n’apprend plus à se repérer alors que le système n’est pas obligatoirement très fiable. Si il y a un obstacle entre le plongeur et le bateau, le signal est perdu.

Regardez autour de vous

Les fonds marins sont remplis d’indice vous permettant de vous repêrer dans l’espace.
Bien entendu, il ne s’agit pas des poissons qui ne cessent de bouger mais du reste.
Ne vous basez pas sur un seul élément, il vous faut utiliser une combinaison de tout cela.

Le soleil

À moins que votre plongée ne dure plusieurs heures (très rare dans le cadre de la plongée loisir), le soleil ne bougera pas énormément au cours de votre expédition.
Même pas besoin de savoir si le soleil est à l’est ou ailleurs. Si à l’aller, le soleil est sur votre gauche, il devra être sur la droite à votre retour.

Le courant

Sous la surface, les courants sont rarement changeants. À l’aller, il faut TOUJOURS partir à contre-courant.
C’est une règle de sécurité pour réserver la partie la plus difficile de la plongée en début.
Pour le retour, ce sera plus facile mais attention à la distance. Là où vous aviez palmé 10 minutes à l’aller, le retour se fera peut-être en 2 minutes, aidé du courant.

La profondeur

Dès que vous vous mettez à l’eau, c’est un contrôle à faire : vous atteignez le fond et regardez à quelle profondeur se trouve l’ancre.
Imaginons que votre ancre (ou la bouée) est à 20 mètres. Au retour, si vous êtes à 10 mètres de fond, ce n’est pas la peine de chercher le bateau, vous savez très bien qu’il n’est pas là !

La nature du fond

C’est ici absolument la même logique que pour la profondeur : si l’ancre est posée sur un fond sableux, pas la peine de la chercher au milieu des rochers…

L’architecture du site

Si à l’aller, vous remarquez que vous passez entre deux patates de corail, cela signifie que vous devrez repasser entre ces deux patates au retour, tout simplement.
Mais cela n’est pas suffisant !
Il est important que, régulièrement, vous regardiez derrière vous !
Non pas pour savoir si vous êtes suivis ou si vous allez être attaqués mais pour voir à quoi ressemblera le chemin retour.
En effet, la vision n’est pas la même dans un sens que dans l’autre et il est important de savoir à quoi vous devez vous attendre.

Les accessoires

L’ardoise immergeable

En plongée, une ardoise immergeable peut avoir plusieurs utilités : noter votre runtime, communiquer avec votre binôme, décrire les espèces rencontrées, faire un sudoku/morpion au palier,…

Dans le cadre de l’orientation, vous pouvez dessiner le chemin suivi (ou es caps suivis), ce à quoi doit ressembler le site au retour (cf L’architecture du site).
Vous pouvez également y recopier la carte qui vous a été faite à la surface lors du briefing.

My buddy is missing

Le compas

Qu’il soit électronique ou à aiguille, l’utilité d’un compas est la même : suivre un cap donné ou connaître le cap suivi.

Avant tout, il est important que vous respectiez ces quelques règles :

  • Toujours tenir le compas bien à l’horizontale sinon il se bloquera et les chiffres lus ne seront pas fiables
  • Vérifier régulièrement votre cap : sans repère fiable, vous serez sans nul doute dévié et si vous ne corrigez pas votre direction, vous serez perdu
  • Évitez les masses métalliques (épaves, cables, pipelines,…), ça pertuberait le champ magnétique

Il y a 2 façons principales d’utiliser un compas en plongée :

  1. Atteindre votre but : lors du briefing, le directeur de plongée vous indiquera quel cap suivre pour atteindre votre but (épave, trou particulier,…).
    Normalement, le cap est indiqué à partir du point de mouillage (de l’ancre, par exemple) mais assurez-vous que c’est bien le cas.
    Pour le retour : vous prenez le cap aller et additionnez (ou soustrayez suivant ce qui est le plus simple) 180 et vous suivrez le cap ainsi obtenu.
  2. exploration d’un site inconnu : cela ne concerne pas des plongées sur des tombants mais plutôt des plongées sur un plateau.
    Vous pouvez parcourir un site en formant des carrés de plus en plus grands ou en faisant des “crénaux”.
    Très simple : vous ajoutez à chaque fois 90° au cap suivi (le plus simple étant de partir dès le départ à 0, 90, 180 ou 270°)

Autant vous le dire franchement, vous ne deviendrez pas un pro de l’orientation en un clin d’oeil. L’expérience accumulée au cours des plongées vous aidera à gérer cela de mieux en mieux.N’hésitez pas à demander de l’aide et/ou des conseils aux moniteurs ou plongeurs expérimentés.

Une bonne orientation en plongée ne peut que vous être bénéfique. Elle vous évitera des grands moments de solitude, lorsque vous devrez palmer pour rejoindre le bateau ou bien attendre dans l’eau froide qu’un bateau vienne vous récupérer (voire vous retrouve si vous êtes vraiment loin).
Dans tous les cas, avoir un parachute sur soi n’est jamais un mal car, en plus d’être repérable par le bateau, il peut vous servir d’éléments participant à votre flottabilité.

On est presque arrivé

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