Les mouvements juifs
Bonjour,
lors de mes pérégrinations sur le web, il m’arrive de tomber sur des sites de différents mouvements juifs. N’y connaissant rien, je me suis dit que ce serait une bonne occasion de me renseigner et de vous faire part des résultats de mes recherches.
Plusieurs points importants avant de commencer :
- Même si j’ai mis du temps à écrire cet article, je tiens à vous rappeler que je ne suis personnellement pas religieux et que je ne connaissais rien sur le sujet –> il se peut donc que quelques erreurs soient présentes ; si vous en remarquez, n’hésitez pas à me faire part de vos remarques.
- Je n’ai aucunement l’intention de juger les mouvements et tout commentaire dans ce but sera refusé. J’espère réussir à être objectif tout le long des présentations. Je serai subjectif lorsque je parlerai de mon judaïsme à la fin de l’article.
- Je ne parlerai pas des personnes reconnaissant Jésus comme le Messie. Pour moi, ces personnes ne sont pas juives mais chrétiennes (le mot chrétien vient de… ?
) - Je ne vous présenterai pas tous les mouvements dans le détails (il y en a trop !), surtout les plus connus et/ou ceux présents en France
Le mouvement Massorti, le judaïsme libéral ?
ERRATUM : d’après cet article, il existe d’une part le mouvement Massorti et d’autre part, le mouvement libéral. Ils sont proches mais différents…
Ça ne facilite pas la compréhension…
Le mouvement Massorti (aussi appelé conservative en anglais, traduit en français par conservateur, ce qui pourrait porter à confusion) est apparu en Allemagne pendant la seconde moitié du XIXème siècle. Ce mouvement est né d’une scission se faisant de plus en plus grande entre la société moderne et le mode de vie des communautés juives. A l’époque sont donc nés plusieurs courants de pensée invitant les juifs à intégrer la modernité et la société extérieure.
Le rabbin Zacharias Frankel invitait les Juifs à respecter rigoureusement la Halakha mais que son interprétation pouvait évoluer avec la société, pour s’adapter aux besoins de l’époque.
Ainsi est né le mouvement Massorti.
Le principe en soit n’est pas choquant, même pour les juifs traditionnels. En effet, il est écrit dans la Halakha qu’il est interdit de marcher derrière une femme dans la rue. Mais les décisionnaires non libéraux ont indiqué il y a quelques siècles que ceci n’avait plus de raison d’être car la société avait évolué, que marcher derrière une femme était devenu commun et ne risquait plus de donner de mauvaises idées (Source : question 19604 du site Cheela).
Le mouvement est arrivé aux Etats-Unis au début du XXème siècle et c’est là qu’il prend le terme de conservative. Le conservatisme mis en avant par ce nom est lié au principe de conserver les règles de la loi juive comme ligne de conduite.
Massorti vient de Massoreth qui signifie traditionaliste en hébreu et est préféré à conservateur en dehors des Etats-Unis.
Aujourd’hui, le mouvement Massorti compte environs 800 communautés dans le Monde, principalement aux Etats-Unis, en Europe et en Israël. Cela représente environ 1 250 000 personnes. En france, il y a principalement 2 communautés, à Paris et à Nice.
Principes
Le principe de ce mouvement repose sur le respect des mitzvoth et de la loi juive. Cependant, ces règles doivent s’adapter au contexte socio-culturel de l’époque.
Ainsi, la position de la femme dans la société est de plus en plus grande et elle est devenue l’égale de l’homme.
Le mouvement Massorti reflète cette évolution et tend à offrir aux femmes une plus grande importance et responsabilité dans la vie religieuse et sociale :
- les offices sont mixtes (mélangés)
- et les femmes participent à la lecture de la Torah
- L’idée de nommer les femmes assistant-rabbin est même envisagée
En France, la principale communauté Massorti est Adath Shalom dont le rabbin est Rivon Krygier. Le site internet de la communauté fournit de nombreuses “responsa” aux questions de la vie juive quotidienne (par exemple, peut-on aller en voiture à la synagogue à Shabbat ?).
Et le lbéralisme ?
Contrairement aux Massorti, les libéraux ont tendance à s’éloigner des lois juives pour ne garder que la tradition.
Par exemple, cet office de shabbat libéral aux États-Unis ne respecte aucune loi de la Thora (ne serait-ce que l’utilisation de caméras et micro, par exemple).
J’adore par contre le look des musiciens
Le judaïsme orthodoxe
Le terme judaïsme orthodoxe recouvre les croyances et pratiques des Juifs fidèles a la loi écrite et a la Loi orale, transmises à Moise au Mont Sinai, avec les interprétations établies au cours des siècles. Ils considèrent leurs conceptions religieuses et leur mode de vie comme authentiques, et les autres courants comme éloignés du vrai judaïsme, voire hérétiques.
Le principe du Judaïsme orthodoxe est de ne pas remettre en cause les décisions prises (contrairement aux Massorti présentés précédemment).
Il regroupe en fait de nombreux mouvements liés à ces principes. Ce sont là les idées générales.
Les Loubavitch
Le mouvement Loubavitch, aussi appelé Habad (pour “ח Sagesse- ב Compréhension- ד Savoir”) fut fondé par le Rabbin Shneur Zalman de Liadi, à la fin du 18ème siècle.
Le nom de Loubavitch vient du nom de la vile où siégeait ce mouvement.
Ils suivent strictement les préceptes et coutumes de la Halakha.
Les Loubavitch sont dirigés jusqu’en 1994 par les descendants du fondateur. Décède alors Rabbi Menachem Mendel Schneerson, le septième leader du mouvement. Ce fut un grand choc pour les membres qui le considéraient comme le futur Messie.
Schneerson est décédé sans descendant, ni avoir nommé un successeur. Il reste par conséquent le dernier grand dirigeant.
Le coeur du mouvement est situé à Brooklyn, aux Etats-Unis mais les membres sont présents partout dans le monde.
Leur message principal consiste en la venue proche du messie, encourageant les Juifs à réaliser plus de mitzvoth (une sorte de prosélytisme) et aux non-juifs à respecter les 7 lois de Noah pour accélérer la venue des temps messianiques.
Ils encouragent les signes extérieurs de religiosité, comme les longues barbes pour les hommes ou les perruques pour les femmes. Il n’est pas rare de voir en Israël des Loubavitch vous accoster dans la rue pour vous faire mettre les Tefilines.
Pour beaucoup de Juifs, la prière doit être adressée directement à D.ieu. Dans le mouvement Loubavitch, les prières se font par l’intermédiaire du Tsadikh (Juste ou Sage). Ils voient en lui un dépositaire des révélations divines. Les paroles du Saint sont considérées comme des paroles divines.
Suite au décès du dernier maître Loubavitch, deux réactions parmi ses partisans s’opposent :
- Etant donné qu’il est décédé et que l’ère messianique n’est pas arrivée, il est évident qu’il n’était pas le Messie et que le Messie sera un autre leader du mouvement
- pour d’autres (une minorité), le concept de mort ne s’applique pas à un tzadikh de la même façon qu’à une personne normale et qu’il est encore vivant à un autre niveau. Au moment de la venue du Messie, il réapparaîtra.
Petite précision qui a son importance : Menachem Mendel Schneerson n’a jamais dit qu’il était le Messie. Ses propos, semble-t-il, furent interprétés post-mortem comme des signes selon lesquels il serait le Messie.
Chaque génération connaît des personnes qui pourraient être le Messie mais ces personnes ne se révéleront pas tant que le peuple juif ne l’aura pas mérité.
Edah Haredit
Ce mouvement n’est pas très présent en France mais je tenais à parler de lui car il a fait tristement (oui, oui, là, je juge
) parler de lui dans l’actualité récente. En effet, 7 membres d’une branche de ce groupe (les Neturei Kartala) ont participé à la conférence négationniste organisée par le gouvernement iranien en décembre 2006.
Voici les théories liées à ce mouvement :
- Refus du sionisme (si les Juifs ont été jetés hors d’Israël, il s’agissait d’une décision divine et seul le Messie pourra y remédier)
- Rejet des aspects de la « modernité » occidentale (la télévision et de ses images « indécentes », la démocratie, de l’homosexualité (comme la plupart des mouvements religieux, malheureusement), de l’égalité homme-femme.
- il est nécessaire de vivre à l’écart du monde moderne, au sein de quartiers réservés, sous la stricte direction de leurs rabbins.
Le réseau éducatif féminin des communautés est resté à un niveau volontairement très primitif, et le travail des femmes y est refusé, jugé comme « indécent ».
Les ultra-orthodoxes ou Haredim
Les Haredim sont des orthodoxes ayant une pratique religieuse stricte, refus de certaines formes de la modernité.
Ils désirent se démarquer (tenue vestimentaire, quartier réservé, institutions religieuses spécifiques,…)
Ce mouvement est d’abord apparu au début du XXème siècle en Europe de l’Est.
Parmi ces personnes, citons les hassidim qui insistent particulièrement sur la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse.
L’orthodoxie moderne
Ce mouvement est surtout présent dans les pays anglophones. Il s’agit de juifs orthodoxes qui veulent s’intégrer autant que possible dans le monde moderne, sans pour autant oublier la Thora.
Il s’agit d’orthodoxes-tendance Massorti. Ils ne remettent pas en cause les décisions antérieures, ils ont une liberté d’action moindre que les libéraux.
Je n’ai pas très bien assimilé les points clés de cette branche mais elle me semblait intéressante.
Les relations entre eux
Malheureusement, tout n’est pas rose…
Les Massorti ne sont pas reconnus comme étant des juifs authentiques. Par exemple, si une personne se convertit au judaïsme dans une synagogue libérale, il ne sera pas considéré comme juif par les communautés orthodoxes/consistoriales et devra se reconvertir.
Je trouve cela quand même un peu dommage.
Les Loubavitch sont souvent considérés comme une secte (prière passant via un homme, croyance qu’un homme est le Messie même après sa mort) et leur prosélytisme a tendance à déplaire. Mais cela ne les empêche pas d’être bien acceptés dans les synagogues.
Les Edah Haredit sont peu appréciés de par leurs positions sur différents points.
En dehors de ces quelques cas précis, il me semble qu’il n’existe pas de réels problèmes entre les différents mouvements.
Et moi, dans tout ça ?
Vous l’aurez certainement compris dans mes propos : je ne me considère absolument pas Edah Haredit, je ne partage aucune idée avec ces personnes.
En analysant clairement ma pratique, je suis orthodoxe, il n’y a pas à se poser de questions (même si pour moi, les mouvements non orthodoxes ont tout autant leur place).
En faisant cet article, je me suis rendu compte que, bien ne pratiquant pas (je ne fais pas Shabbat,…), le fait que le mouvement Massorti, par exemple, tolère l’utilisation de la voiture le samedi en France me gênait un peu.
Je prends la voiture le samedi, je sais que c’est pas bien mais le fait qu’un rabbin l’encourage (sous certaines conditions, certes) me surprend un peu…
Quand on associe à ça ma pratique personnelle, il s’avère alors que je suis traditionaliste (ce n’est pas un réel mouvement, un terme employé par les sociologues pour qualifier les personnes ayant une pratique religieuse partielle).
Peut-être serais-je à tendance orthodoxe morderne si j’arrivais à en savoir un peu plus
Sources
Pour cet article, je me suis beaucoup inspiré de Wikipedia, de l’excellent site Cheela où on peut poser ses questions sur le judaïsme et avoir des réponses sans se sentir jugé et les différents sites des mouvements présentés. Le site francophone Massorti est aussi très bien réalisé et j’aime beaucoup les réponses aux questions qu’ils donnent (je leur en ai posé une et ai eu ma réponse dans l’après-midi)
Quelques temps après la rédaction de cet article, le site Massorti a fourni quelques liens vers quelques uns de ces mouvements ou d’autres. Je vous invite à les parcourir pour découvrir un peu d’autres mouvements tels que le Judaïsme laïque, que j’ai un peu de mal à imaginer
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