Que respirons-nous ?
Attention, la pratique de la plongée, qu’elle s’effectue à l’air ou aux mélanges, ne peut se faire qu’après une formation adéquate par un organisme reconnu.
En cas de questions sur ces organismes et les formations, n’hésitez pas à me questionner
Bonjour,
je vous ai parlé il y a peu de la configuration du plongeur avec un tuyau long. Je dois avouer que j’ai pris un certain plaisir à écrire cet article sur ma véritable passion.
Je vais donc en reécrire un, en essayant d’être accessible (non, non, pas de formule mathématique) et complet, ce qui ne sera pas des plus simples, d’autant que la plupart d’entre vous n’êtes pas plongeur.
L’air, tout le monde connait…
Mais qu’est-ce que c’est, précisément ?
Bon, vous avez tous déjà vu au moins une fois un plongeur ; il a un drôle de truc sur le dos, la bouteille.
Pour les plongeurs classiques, vous trouverez de l’air dans ces bouteilles, c’est-à-dire, petit rappel 21% d’oxygène, 78% d’azote et quelques miettes de gaz rares tels que l’Hélium, le dioxyde de carbone, etc.
L’air a un gros avantage : on le trouve partout et il n’est pas très cher, ne nécessite pas de matériel adapté pour le faire rentrer dans les bouteilles (il faut un compresseur, bien entendu, mais il s’agit d’un modèle standard).
L’air en plongée
Alors, pourquoi certains (comme moi) quittent-ils l’air de temps en temps ?
1) En plongée, il faut effectuer des paliers pour éliminer les bulles d’azote ; si on ne respecte pas ces paliers, ces petites bulles peuvent se coincer à des endroits critiques (cerveau, coeur, artères) et être fatales (Accident de décompression). Dans l’air respiré, ce problème est est dû à l’azote.
2) à partir de 40 mètres (voire 35 pour les personnes plus sensibles), nous pouvons être victimes de l’ivresse des profondeurs, la narcose. Ceci est causé par l’azote.
Vous l’aurez compris, l’azote, en milieu hyperbare, est la source de bien des ennuis. Il faut donc le remplacer par autre chose.
La solution idéale serait de remplacer l’azote par de l’oxygène.
Un peu d’oxygène ?
Sécurité accrue sans contraintes importantes
Nous avons alors du Nitrox ou mélange suroxygéné.
En remplaçant l’azote par de l’oxygène, la décompression est plus efficace et l’accumulation des bulles de gaz est moindre.
Au niveau nomenclature, un Nitrox avec 35% d’oxygène est appelé Nitrox 35 (simple, non ?)
Et pour ne rien gâcher, à part une petite formation pour connaitre quelques règles de sécurité, la plongée au Nitrox ne change en rien d’une plongée à l’air, exception faite des avantages cités ci-dessus et d’une limite de profondeur à respecter.
Aurions nous alors le gaz idéal (même si plus cher que l’air) ? ? ?
Pas si sûr !
Des petits inconvénients tout de même
Premièrement, le Nitrox coûte un peu plus cher que l’air, bien qu’on trouve de plus en plus souvent le Nitrox au même prix que l’air. Par contre, il faut du matériel spécifique, dégraissé, sinon, c’est l’explosion assurée.
Ensuite, physiologiquement, avec de l’air, il est strictement interdit de descendre en dessous de 70 mètres. Ce n’est même pas la peine d’essayer, vous ne résisterez pas sans vous en rendre compte.
Avec de l’oxygène pur, ce n’est même pas la peine de descendre en dessous de 7 mètres !
Et avec un Nitrox 32 (un des plus courants), 40 mètres.
Alors, le problème des paliers est résolu grâce au Nitrox.
Moins de paliers avec une sécurité accrue et moins de fatigue (éliminer l’azote demande des efforts au corps), du pur bonheur.
Mais bon, je vous ai dit que la narcose apparaissait à partir de 40 mètres, or, avec un Nitrox classique, on ne peut pas aller jusque là…
Serions nous face au serpent qui se mord la queue ? ? ?
L’hélium ne fait pas que changer la voix
C’est là que l’hélium (mais si, le gaz qui rend la voix toute bizarre) arrive…
Alors, dans ce cas, on entre dans la plongée au trimix. Pourquoi Trimix ?
Oxygène + Azote + Hélium = 3 gaz…
Les Trimix
Il y a d’abord le trimix Normoxique. Il y a 21% d’oxygène et les 79% restant sont partagés entre l’hélium et l’azote.
Cela permet de descendre jusque 70 mètres en limitant les effets de la narcose.
Nous avons également le trimix Hypoxique : moins de 21% d’oxygène; le reste étant partagé entre l’hélium et l’azote. Avec de tels mélanges, nous pouvons descendre au-delà des 70 mètres.
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Enfin, nous avons le trimix Hyperoxique qui contient plus de 21 % d’oxygène. Ce mélange est très peu utilisé car n’a quasiment pas d’intérêt.
Pas d’improvisation
Quels sont les inconvénients des mélanges trimix :
1) l’hélium coûte très cher
2) l’hélium est un très mauvais isolant thermique et on se refroidit plus vite
3) l’hélium est plus dense (dans le sens d’absorption du gaz par l’organisme) que l’azote et donc, par conséquent, plus long à évacuer lors des paliers.
Les plongeurs trimix plongent avec du Nitrox aussi pour décompresser plus efficacement lors des paliers. Leur bouteille de nitrox est alors appelée la déco.
Suivant le type de plongée, soit le plongeur garde cette seconde bouteille sur lui, soit il l’attache à un bout pour la retrouver lors de la remontée, par exemple.
Dans le cadre du trimix hypoxique, ils plongent même avec une troisième bouteille :
- le mélange hypoxique, appelé le mélange fond
- le Nitrox pour la déco (la décompression, pas la décoration ; suivez un peu !)
- le mélange principal : en effet, tant qu’on a pas atteint une certaine profondeur, le mélange hypoxique peut s’avérer dangereux.
Cela fait quand même 3 bouteilles
Vous l’aurez compris vous-même, une plongée au trimix, ça ne s’improvise pas !
On appelle également les mélanges trimix les mélanges ternaires.
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Il existe encore quelques autres mélanges tels que l’Heliox (Hélium + Oxygène) pour des plongées très profondes avec d’autres paramètres et nouveaux dangers.
Que choisir ?
Vous l’aurez peut être compris : il n’y a pas de mélange idéal et universel en plongée. Il vous faut d’abord définir le type de plongée que vous désirez pratiquer avant de la planifier.
Ainsi, en Mer Rouge, n’hésitez pas à utiliser du Nitrox mais si vous voulez plonger sur les épaves profondes de Méditerranée ou de Bretagne, équipez vous en Trimix (beaucoup d’épaves sont accessibles à l’air et sans risque de narcose).
Et n’oubliez pas la formation qui va avec ; ce genre de plongée ne s’improvise pas….
Et surtout…. Faites-vous plaisir !
Sources :
Je n’ai pas de réelle source pour cet article ; je vais plutôt vous fournir des références :

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